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Aménagement de l'espace public et modes actifs

Constat et enjeux

Hier voués à l’automobile ou à des usages sectorisés, la voirie et les espaces publics s'adaptent aux préoccupations de la ville durable et répondent à des enjeux de plus en plus nombreux : transition écologique, énergétique, numérique, adaptation au changement climatique, gestion économe des ressources, adaptation au vieillissement de la population, accessibilité pour tous, sécurité des déplacements, qualité de vie…

Les pratiques d’aménagement sont donc en évolution. En termes de mobilité, elles visent un partage plus équilibré de l’espace-rue entre tous les modes de déplacement, redonnant ainsi toute leur place aux modes actifs et autres modes alternatifs à la voiture « solo ». En termes d’urbanité, elles conduisent à repenser les lieux autrement, pour plus de bien-être, de sécurité, d’accessibilité, de confort d’usage, de lien social et d’attractivité.

Pour répondre à tous ces objectifs, l'aménagement de la voirie et des espaces publics, implique le croisement des approches, des échelles et des disciplines, afin de mettre en œuvre de façon intégrée les différentes politiques publiques. Ce qui nécessite de renouveler les méthodes et modes de faire, de faire évoluer les outils, de s’appuyer sur de nouvelles références et de revisiter parfois les modes de gouvernance.

La capitalisation puis diffusion des savoir-faire, et, la recherche de solutions innovantes si possible économes (en énergie, consommation d’espace, coût) sont au cœur des préoccupations.

Innovations réglementaires pour les modes actifs

L’intelligence environnementale, économique et sanitaire de la marche et du vélo fait aujourd’hui consensus. De nombreuses collectivités ont fait du développement des modes actifs un élément stratégique de leurs politiques de déplacements.

Les règles de circulation et de signalisation routière, ainsi que l’aménagement de l’espace public jouent un rôle fondamental dans le développement de la marche et du vélo. Les dernières années ont été marquées par des évolutions fortes du code de la route en faveur des modes actifs.

Par exemple :

  • Les nouvelles possibilités de marquages aux sol : animation, trajectoires matérialisées pour les cycles et les piétons, entrées de zones de circulation apaisée ;
  • Le cédez le passage cycliste au feu ;
  • La chaussée à voie centrale banalisée ;
  • La Vélorue ;
  • La généralisation du 30 km/h en ville.

Une ville accessible à tous

En France, environ 12 millions de personnes de plus de 16 ans sont confrontées à une forme de handicap et près de 30 % de la population aura plus de 60 ans en 2030. Or, les obstacles rencontrés par ces publics aux besoins spécifiques révèlent souvent des dysfonctionnements et des gênes pour tout un chacun. Le Cerema œuvre donc en faveur d'une accessibilité généralisée, synonyme de qualité d'usage pour tous.

Concernant la promotion de la marche, la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances est un élément clé dans la mesure où elle vise une meilleure accessibilité de la voirie et des espaces publics :

  • faciliter les franchissements,
  • réduire les dénivelés,
  • assurer des cheminements larges et confortables,
  • permettre une meilleure compréhension des aménagements.

Si le contexte réglementaire en matière d'accessibilité des espaces publics a peu évolué depuis 2005, les expérimentations se poursuivent :

  • guidage des personnes déficientes visuelles en traversée piétonne complexe,
  • aide au repérage des trottoirs traversants,
  • normes en cours de révision sur les bandes d'éveil de vigilance
  • ...

Adaptation des nouveaux usages en interaction avec les autres modes de transport

La montée en puissance des modes actifs suppose l’adaptation des infrastructures existantes aux nouveaux usages :

  • Ouverture de voies bus aux cyclistes
  • Évaluation de la priorité donnée aux cyclistes dans les intersections
  • Circulation des cyclistes sur les plateformes de tramway
  • Développement des cheminements piétons, rééquilibrage des espaces au profit des piétons
  • Confort des cheminements piétons (larges, sans obstacles, avec des dévers et pentes limités, avec des revêtements confortables, du mobilier d'assise)
  • Sécurité et accessibilité des traversées piétonnes
  • Repérage et guidage dans les « grands espaces », notamment les espaces partagés (signalétique, lisibilité, contrastes tactiles et visuels, balises sonores, numériques, etc.)
  • Accessibilité des points d'arrêt de bus pour un meilleur confort pour tous (notamment personnes âgées)

Réalisation d’aménagements à haut niveau de service pour les modes actifs

La volonté des collectivités de développer les modes actifs s’appuie sur des ambitions fortes telles que la constitution de réseaux cyclables à haut niveau de service et de magistrales piétonnes.

Le niveau de service envisagé nécessite de nouvelles approches : gestion de flux (ondes vertes à destination des cyclistes par exemple), hiérarchisation (signalisation innovante, marquage d’identification).