Intégration d’un volet logistique au Plan des mobilités en Île-de-France 2030
Plan de mobilité d’échelle régionale intégrant un volet thématique sur la logistique urbaine : « Soutenir une activité logistique performante et durable ».
Le volet logistique du Plan des mobilités en Île-de-France (PDMIF) répond à plusieurs problématiques rencontrées au niveau régional :
prédominance très importante du mode routier pour le transport de marchandises (environ 90% de part modale en tonnes/kilomètres) ;
tendance à l’étalement de la fonction logistique avec un éloignement croissant des nouvelles surfaces d’entrepôts construites par rapport au centre de l’agglomération ;
difficulté d’intégration des activités logistiques, notamment les livraisons, dans les zones urbaines, situation renforcée par le développement du e-commerce et de la livraison à domicile.
Le plan d’action proposé a été élaboré en concertation avec les acteurs franciliens de la logistique et du transport de marchandises (gestionnaires d’infrastructures, représentants des transporteurs et des promoteurs d’immobilier logistique), ainsi qu’avec les intercommunalités, les départements et l’Etat.
Les nombreux échanges avec l’ensemble de ces acteurs ont abouti au plan d’action suivant :
Améliorer la performance de l’armature logistique, avec l’objectif de construire une vision régionale partagée du développement logistique permettant d’articuler de façon cohérente les différents échelons logistiques.
Développer l’usage des modes massifiés et tout particulièrement du mode fluvial, dans un contexte de réseau ferré francilien très sollicité par les circulations de voyageurs et les besoins de régénération et modernisation du réseau, grâce à la mise en place de mesures permettant d’en améliorer l’attractivité.
Améliorer les conditions de distribution des zones urbaines, en apportant de la cohérence dans le cadre des réglementations de circulation et de livraison et dans l’offre et l’organisation des outils de livraison.
Accélérer la transition énergétique des véhicules de transport de marchandises, en particulier par le développement de stations multi-énergies (GNV, électrique, hydrogène) adaptées aux poids lourds, des mesures facilitant l’électrification du parc de véhicules utilitaires légers et l’accompagnement du développement de la cyclo-logistique.
Les résultats attendus sont avant tout une meilleure prise en compte des enjeux logistiques par les collectivités responsables de la gestion d’infrastructures routières (jalonnements adaptés, pas d’éviction systématique des véhicules de transport de marchandises), de l’aménagement de l’espace public (stationnement adapté) et de l’urbanisme (prise en compte dans les SCoT et PLUi par la réservation d’espaces ou le maintien de destinations adaptées aux activités logistiques dans les tissus les plus urbains). Il existe ainsi un enjeu d’acculturation et de prise en compte des bénéfices apportés par la bonne intégration des activités logistiques dans les territoires, plutôt que par des tentatives d’éviction.
Comment le projet fonctionne ?
Le PDMIF a été approuvé le 24 septembre 2025. Sa mise en œuvre ne dépend pas que d’Île-de-France Mobilités (IDFM) et de la Région, d’autant plus concernant le volet logistique pour lequel IDFM n’exerce pas de compétence opérationnelle.
IDFM exercera donc avant tout un rôle d’animation, par l’organisation d’événements permettant aux acteurs impliqués dans la mise en œuvre des actions d’échanger sur les bonnes pratiques.
La Région Île-de-France accompagne par ailleurs directement la mise en œuvre de ce volet à travers des dispositifs d’aides financières dans le cadre de sa stratégie régionale pour le fret et la logistique.
Le PDMIF doit être décliné en plans locaux de mobilité (PLM) au niveau intercommunal (établissements publics territoriaux, communautés d’agglomération et communauté urbaine). IDFM accompagne méthodologiquement cette déclinaison et veille à ce que les enjeux logistiques y soient suffisamment pris en compte. Des fiches méthodologiques seront également mises à disposition des EPCI pour les guider dans l’élaboration de ce volet de leur PLM.
En particulier, un volet socle d’actions logistiques doit être obligatoirement décliné dans les PLM, afin de contribuer à l’amélioration de la performance de l’armature logistique (identification d’espaces et opportunités de développement logistique) et des conditions de distribution des zones urbaines (coordination des réglementations à l’échelle intercommunale, diagnostic des aires de livraison, jalonnements pour les poids lourds etc.).
Le PDMIF s’impose par ailleurs aux documents d’urbanisme locaux dans un rapport de compatibilité : SCoT et, en leur absence, PLU(i).
Pour assurer la compatibilité, ces documents doivent veiller à conserver le foncier affecté à la logistique (ports, infrastructures ferroviaires, aéroports, sites multimodaux) pour ces usages et à privilégier la densification des emprises logistiques existantes pour lutter contre l’étalement logistique. Les règles de construction doivent en outre être compatibles avec les besoins de ces entrepôts, notamment en termes de hauteur des constructions et de desserte.
Par ailleurs, le PLU(i) peut :
contribuer à l’accueil et à la bonne intégration d’espaces logistiques en zone dense (par ex : délimiter des périmètres de localisation d’équipements pour des espaces de logistique urbaine (ELU)) ;
inscrire les normes de création d’aires de livraison au sein des espaces privés des constructions nouvelles.
De son côté, le SCoT permet de :
réguler les constructions logistiques commerciales, notamment leurs conditions d’implantation des secteurs d’implantation privilégiés des équipements logistiques commerciaux au regard des besoins logistiques du territoire et de la capacité des voiries à gérer les flux de marchandises ;
prévoir les conditions permettant le développement ou le maintien de la logistique commerciale de proximité dans les centralités urbaines.
Quels sont les usagers concernés par le projet ?
Le PDMIF constitue le cadre des politiques de mobilité à horizon 2030 pour tous les acteurs publics des mobilités à l’échelle régionale. Il s’adresse à tous les acteurs publics des mobilités au niveau régional. Il doit être décliné et précisé au niveau intercommunal par les EPCI dans les plans locaux de mobilité (PLM), de façon obligatoire pour les établissements publics territoriaux (EPT), communautés d’agglomération (CA) et l’unique communauté urbaine (CU) francilienne. Il peut également être décliné, de façon volontaire, par les communautés de communes. Les documents d’urbanisme locaux doivent également lui être compatibles.
De façon plus globale, il doit être tenu compte des objectifs, orientations et actions du PDMIF dans l’ensemble des projets et politiques de mobilité développés au sein de la région.
Quels sont les clefs de réussites et les leviers facilitateurs du projet ?
La réussite de la stratégie d’action que constitue le PDMIF 2030 dépendra de deux facteurs clés :
• la dynamique collective d’action :
La mise en œuvre du plan repose sur l’ensemble des acteurs de la mobilité, dont l’action doit être la plus coordonnée possible.
• l’évolutivité du plan dans la durée :
La mise en œuvre du plan doit pouvoir être réorientée régulièrement pour renforcer le soutien aux actions qui avanceraient moins vite et les adapter le cas échéant, mais aussi pour tenir compte de l’évolution du contexte et des opportunités disponibles en matière de mobilité.
La gouvernance qui sera mise en place pour le pilotage et le suivi de la mise en œuvre du plan aura pour objectif d’en faire une démarche en continu, tout autant qu’une planification stratégique.
Caractéristiques
48.87596, 2.3355199
Intégration d’un volet logistique au Plan des mobilités en Île-de-France 2030
Île-de-France Mobilités
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